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Airbus : les sous-traitants perdent leur réacteur.

Julien
R9800
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Posté le : 06 Oct 2006 à 11h53 Posté le : 06 Oct 2006 à 11h53 Répondre en citant
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Ça sonne comme une mobilisation générale. Hier à tous les étages de la représentation nationale (préfecture, présidence de région, du conseil général, mairie...), tout le monde s'est rué sur le même signal d'alarme pour prévenir d'une possible catastrophe pour l'ensemble des 560 entreprises qui travaillent aujourd'hui avec Airbus. Le plan de réduction des coûts (soit 5 milliards d'euros d'ici à 2010) annoncé mardi par Christian Streiff, le nouveau patron de l'avionneur, laisse craindre le pire pour l'ensemble des sous-traitants de la région Midi-Pyrénées et leurs 58 000 salariés. Le préfet a convoqué hier les services de l'Etat pour une réunion exceptionnelle le 12 octobre, tandis que le Medef, la chambre de commerce et d'industrie et la CGPME, syndicat des PME, annonçaient la création d'une cellule de crise, opérationnelle dès hier soir. «L'Etat, les collectivités locales et la communauté financière se mobilisent pour identifier et aider les entreprises qui auraient des difficultés financières», a déclaré François Junca, président départemental du Medef, et par ailleurs président du conseil de surveillance de Latécoère. Ce gros fournisseur d'Airbus, qui fabrique les tronçons de fuselage et portes des avions, a admis s'attendre à une «perte de 10 % de son chiffre d'affaires en 2007», et confirmé le «maintien du gel des embauches».

Chez Liebherr-Aerospace Toulouse, qui produit les systèmes de conditionnement d'air avec 850 salariés, on craint par-dessus tout cette nouvelle campagne de réduction des coûts. «On a déjà beaucoup donné avec trois de ces campagnes en dix ans. Là, nous atteignons nos limites», soupire le président de la société. André Benhamou n'est pas certain de trouver de nouvelles économies à réaliser dans ses usines pour satisfaire son client. Les équipements fournis à Airbus représentent 30 % des 180 millions d'euros de son chiffre d'affaires.

«Il y a des menaces lourdes de conséquences pour le tissu industriel et l'emploi», assure Martin Malvy, le président de la région. Et celui-ci de craindre un mouvement de délocalisation chez les sous-traitants, encouragé par Airbus pour faire baisser leurs coûts de fabrication. Mardi soir, Christian Streiff avait rappelé que le niveau de l'euro était un vrai handicap pour la compétitivité du système Airbus. Pas tellement pour l'avionneur, car, si ce dernier vend ses avions libellés en dollars, il achète aussi ses équipements en dollars, y compris à des entreprises françaises. En clair, ce sont les sous-traitants qui doivent assumer le risque de parité euro-dollar, quitte à devoir délocaliser leur production en zone dollar. Et cette pilule ne passe pas. «Cela fait vingt ans qu'Airbus renvoie ce problème sur notre dos, se lamente André Benhamou . Il nous paie en dollars alors que nos coûts à nous sont en euros. Notre couverture bancaire de ce risque est en voix d'épuisement...» Le problème n'est pas récent. Et c'est bien ce qui titille la direction de la Mécanique, une petite PME sous-traitante d'Airbus qui fournit de l'outillage au sol : «Cette histoire de parité n'est qu'un écran de fumée. Quand j'ai un problème électrique quelque part, j'envoie un électricien. Je n'envoie pas un comptable.»

Que faire alors ? Se renforcer chez la concurrence. «Les programmes aéronautiques dans le monde sont en hausse», se console un fournisseur. Liebherr-Aerospace Toulouse vient ainsi de décrocher, entre autres, un contrat de 300 millions d'euros sur vingt ans avec le constructeur américain pour le Boeing 747-8.

Source : Libération Economie du 6 octobre 2006




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Loïc
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Posté le : 22 Déc 2006 à 12h40 Posté le : 22 Déc 2006 à 12h40 Répondre en citant
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Boeing sur les terres airbusiennes,

Quand Airbus pique du nez, Boeing feint de ne pas tirer sur l'ambulance. Mais l'avionneur américain ne se gêne pas pour délivrer quelques messages bien sentis. Yves Galland, président de Boeing France, était hier à Toulouse « pour un colloque » et « quelques visites de travail ». Loin de fanfaronner, il a presque compati. « Louis Gallois est un homme remarquable. [Airbus a] une équipe de management au top pour faire face à la crise et créer les conditions du redressement », a-t-il commenté.

Grand seigneur, Boeing a rappelé avoir eu également sa mauvaise passe. « Cette crise nous a appris l'humilité. Car elle prenait en partie sa source dans le fait que nous avions été arrogants sur le marché. Et quand vous êtes arrogant, vous devenez autiste », a glissé le dirigeant du rival américain d'Airbus. Après cette remise en question « philosophique » – qui est aussi passée par une réduction drastique du nombre de fournisseurs – Boeing s'est empressé d'afficher sa pleine forme. Quand Airbus mise, et s'enlise, sur le gros porteur A380, Boeing parie sur un moyen porteur longue distance, le 787 Dreamliner. Et pendant qu'Airbus tarde à lancer son A 350 sur ce segment, le 787 fait carton plein. Déjà « 432 commandes fermes ». Au point que le principal souci de Boeing est de savoir s'il faut ouvrir une seconde chaîne d'assemblage... Yves Galland veut jouer « la transparence » « Nous rencontrons sur cet avion un léger problème de surpoids (...), mais le premier vol aura lieu à l'été 2007 pour une première livraison en mai 2008 », assure-t-il. Enfin, en guise de dernière pirouette en terre airbusienne, le dirigeant ne manque pas d'encenser les sous-traitants de la « Boeing French Team » qui « ont su percer sur les marchés ciblés ». Parmi eux, les Toulousains Latécoère et Liebherr. Le premier fabrique les portes du 787, le second vient de décrocher le marché de la climatisation de la nouvelle version du Boeing 747.

Source : 20 Minutes | édition du 10.11.06




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