Grues mobiles pour l'armée
La société Liebherr Grues Mobiles SAS de Niederhergheim a décroché un contrat de 40,2 millions d'€ avec l'armée de terre française. Une partie des 50 grues mobiles est livrée actuellement. Ces engins intégreront des régiments du génie, du train et du matériel.
« L'armée de terre a constaté lors de la guerre des Balkans au milieu des années 90 que les grues mobiles n'étaient plus adaptées aux besoins actuels. Nos machines dataient d'une trentaine d'années. Elles ne pouvaient pas convenablement faire de la manutention des containers standardisés ISO 20 pieds », explique Jean-Paul Pacaud, conseiller technique à la Direction générale de l'armement.
Contraintes et innovations
En relation avec l'état major, un cahier des charges strict a été élaboré incluant la mise aux normes militaires d'une documentation standard. Et un appel d'offre lancé pour 50 machines d'une capacité de levage de 55 tonnes. En concurrence avec deux constructeurs américains, la filiale installée à Niederhergheim du groupe allemand Liebherr a remporté ce marché de 40,2 M€.
« Le choix de l'armée française s'est porté sur un modèle civil qui a bénéficié d'adaptations militaires. Les cabines sont blindées pour permettre aux personnels de travailler en sécurité dans des zones à risque. L'intérieur des pneus a été équipé d'un anneau de caoutchouc pour permettre aux véhicules de se déplacer sur une distance de 10 kilomètres en cas d'embuscade ou de tirs, un système de gonflage et dégonflage rapide a été installé », explique Gerhard Bartholomé, directeur général de SAS grues mobiles.
En plus de ces contraintes techniques, l'armée française a également été séduite par deux innovations. « Nous avons proposé d'installer des cabines blindées amovibles. Les ingénieurs de notre cabinet d'étude d'Ehingen (Allemagne) se sont aussi penchés sur le conditionnement en conteneur ISO 20 pieds des équipements », souligne Francis Ebert, responsable des ventes à Liebherr SAS grues mobiles.
Contrepoids, roue de secours, ancre de levage sont ainsi installés dans un container. Un spreader [ndr : sorte de palonnier] permet de manipuler le container uniquement à partir de la grue mobile. Une formule aujourd'hui brevetée. « Le spreader permet également d'empiler les containers. Ils forment ainsi une protection contre les tireurs embusqués. »
Mais avant d'équiper définitivement, les régiments du génie, du train et du matériel, un prototype a subit une multitude de contrôles par le Service des programmations de l'armée de terre (SPART). Des tests qui se sont déroulés de janvier à mai à l'établissement technique d'Angers, à la Rochelle et sur l'île d'Oléron.
« Des exercices de levage, de manoeuvrabilité, d'adhérence et de stabilité ont été réalisés. Des exercices de déchargement sur la plage et en haute montagne ont aussi été menés », souligne Jean-Paul Pacaud.
Des améliorations techniques ont ainsi été apportées au système de suspension. La livraison des 50 machines fabriquées à Ehingen est prévue en deux tranches ; 30 machines sont livrées actuellement. Vingt autres engins seront réceptionnés à la mi-2005. Avant de rejoindre leur lieu d'affectation, chaque machine a été contrôlée par le service qualité de la DGA basé à Strasbourg.
Une dizaine d'instructeurs militaires bénéficieront d'une formation particulière de trois semaines pour l'utilisation des matériels. Une quinzaine de formateurs suivront également un stage de cinq semaines afin de pouvoir effectuer la maintenance des matériels.
Avec une flèche de 32 m, une vitesse de pointe de 80 Km/h et des cabines climatisées, 50 grues mobiles LTM1055/1 de Liebherr ont intégré l'armée française.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Mercredi 29 Septembre 2004.
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