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[quote="Julien"][b]L’an passé, Hans Liebherr a laissé à son frère et à sa sœur la direction du grand groupe industriel. Domicilié à Bulle depuis vingt ans, il a décidé de déménager à Monaco. La commune perd ainsi son plus gros contribuable, qui y payait chaque année près d’un million et demi d’impôts. Aucune hausse d’impôts n’est prévue à court terme, mais la commune voit s’amplifier le casse-tête budgétaire.[/b] Hans Liebherr, retiré des affaires, a décidé de s’établir à Monaco [img]https://www.passion-liebherr.net/images_forum/hans%20liebherr.jpg[/img] (arch - C. Dutoit) La commune de Bulle voit partir son citoyen le plus fortuné. Dès le 1er décembre prochain, Hans Liebherr ne comptera plus parmi les habitants du chef-lieu gruérien. L’ancien président et copropriétaire de la multinationale bulloise a décidé de s’établir à Monaco. Confirmant une rumeur qui se faisait chaque semaine plus insistante, le secrétaire d’Hans Liebherr, Philippe Huguenot a transmis à La Gruyère la déclaration par laquelle M. Liebherr explique son choix: «M. Hans Liebherr rappelle qu’en 1999, il a cédé la totalité de ses actions du groupe Liebherr. Cette situation nouvelle l’a amené tout naturellement à modifier fonda-mentalement ses activités. Dans ce cadre, il a choisi de résider à Monaco. Pour éviter tout malentendu, M. H. Liebherr tient à souligner que sa décision est purement personnelle. En particulier, le groupe Liebherr n’est en rien concerné par sa décision.» En juin 1999, Hans Liebherr avait en effet confié à son frère Willi la présidence de Liebherr-International AG, la société faîtière – dont le siège est à Bulle – d’un groupe réunissant plus de soixante sociétés sur les cinq continents. A la fin de la même année, il avait vendu à son frère Willi et à sa sœur Isolde Wagishauser-Liebherr, vice-présidente, sa participation au capital-actions, se retirant ainsi entièrement des affaires. Un capital-actions de 500 millions de francs – ramené en avril dernier à 100 millions – entièrement détenu par la famille Liebherr. [b]1,5 million d’impôts[/b] Toute privée soit-elle, cette décision de prendre domicile dans la Principauté concerne la communauté bulloise au premier chef: Hans Liebherr est en effet le plus important contribuable du chef-lieu. Plusieurs sources bien informées confirment une contribution annuelle approchant 1,5 million de francs, sur un total de recettes fiscales émanant de personnes physiques qui a atteint en 1999 la somme de 23,3 millions. Tenus par le secret de fonction, le syndic Jean-Paul Glasson et le vice-syndic et patron des Finances Philippe Menoud ne peuvent évoquer le poids fiscal de l’ancien entrepreneur. Le grand argentier bullois concède cependant que «le Conseil communal a dû élaborer son budget 2001 de façon particulièrement attentive». Mais lui et Jean-Paul Glasson relèvent que de multiples facteurs entrent en ligne de compte. «Il serait faux de croire que le départ d’un gros contribuable, fût-il Hans Liebherr, explique à lui seul les difficultés budgétaires de la commune», insiste le syndic, qui réserve des explications plus détaillées pour la conférence de presse de présentation du budget, fixée au 11 décembre. Il assure d’ores et déjà les contribuables bullois qu’il n’est pas prévu à court terme d’augmenter le taux de l’impôt communal. Prudent au moment de commenter le départ de son important citoyen, Jean-Paul Glasson ne s’en étonne pas. «Compte tenu du niveau de l’impôt sur la fortune en Suisse, il est assez compréhensible qu’Hans Liebherr ait décidé de partir à Monaco. Il ne sera du reste pas la première grosse fortune fribourgeoise à y résider.» [b]Extrême correction[/b] Le syndic préfère en outre considérer que Bulle a bénéficié durant vingt ans de sa présence. «L’implantation d’un groupe industriel qui emploie à Bulle quelque 500 personnes: tel est l’élément, durable et absolument pas menacé, qu’il faut retenir.» Mais la commune ne pouvait-elle pas retenir aussi l’ancien maître de l’empire Liebherr? Jean-Paul Glasson: «Il n’y avait rien que nous devions ou que nous puissions faire. Il faut d’ailleurs relever qu’Hans Liebherr, comme les autres membres de sa famille résidant à Bulle, a toujours été d’une extrême correction. A titre privé, jamais il n’a demandé d’avantages d’aucune sorte en arguant de sa situation.» [b]Le manège reste à Riaz[/b] Citoyen bullois, Hans Liebherr et aussi contribuable paroissial. Informé par La Gruyère, Gérard Appetito, président de la paroisse catholique de Bulle, «regrette ce départ», dont il ne peut dire la conséquence financière chiffrée. «Nous devrons bien sûr adapter nos budgets en fonction de cette donnée, mais je peux d’emblée affirmer qu’elle n’induira aucune modification du régime fiscal.» Il convient également de préciser que le départ d’Hans Liebherr – qui n’entend d’ailleurs pas se séparer de sa propriété bulloise – n’entraîne pas celui des autres membres de la famille. Outre ses trois enfants, tous adultes, sa sœur Isolde Wagishauser-Liebherr et son frère Markus Liebherr demeurent à Bulle. Actuel président de Liebherr-International, Willi Liebherr réside quant à lui dans le canton d’Argovie, où sont implantées deux sociétés du groupe. Enfin, Hubert Liebherr, cinquième de la fratrie, habite dans le canton de Vaud. [b]Futur havre pour Calvaro[/b] Au chapitre des conséquences, Philippe Huguenot, secrétaire de Hans Liebherr, tient à préciser que le manège Hans Liebherr (La Baumetta SA) demeurera à Riaz. Hans Liebherr disait donc vrai lorsqu’il confiait à nos confrères du Matin, en septembre lors des jeux Olympiques: «Sa vraie retraite, Calvaro V la passera ensuite chez moi, à Bulle.» On se souvient que le cheval, confié par Hans Liebherr au cavalier Willi Melliger, avait glané une médaille d’argent à Sydney. Le géant gris, l’une des plus célèbres montures de la planète, passera bien ses vieux jours en Gruyère. Ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour: sa carrière sportive est loin d’être terminée. [b]Un citoyen à part entière[/b] Né voilà cinquante-cinq ans – il a fêté son anniversaire le 31 octobre – à Kirchdorf an der Iller, en Allemagne, Hans Liebherr est établi à Bulle avec son épouse et ses trois enfants depuis 1981. Il fut actif au sein du groupe Liebherr dès 1972. Après le décès en 1993 de son père Hans senior – fondateur de l’entreprise – il dirigea le groupe avec l’un de ses frères et sa sœur. Il est ingénieur diplômé de l’Université de Karlsruhe. Président de Liebherr-International AG durant six ans, il a œuvré avec succès au renforcement de l’œuvre paternelle. Si bien que le holding, qui appartient exclusivement à la famille Liebherr, est aujourd’hui implanté sur les cinq continents et dégage un chiffre d’affaires annuel de plus de cinq milliards de francs. De nature discrète, Hans Liebherr était cependant bien intégré à la population bulloise, notamment par le biais de sa passion pour les chevaux, qu’il partage avec ses deux filles, cavalières de niveau international. Marquant son attachement à la Suisse et à la Gruyère en particulier, cet homme épris de nature avait demandé sa naturalisation il y a trois ans. Le législatif bullois lui avait octroyé le droit de cité en octobre 1997. Source : [url]www.lagruyere.ch[/url] (édition du 23/11/2000)[/quote]
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Revue du sujet
Julien
Posté le : 25 Oct 2003 à 23h36
L’an passé, Hans Liebherr a laissé à son frère et à sa sœur la direction du grand groupe industriel. Domicilié à Bulle depuis vingt ans, il a décidé de déménager à Monaco. La commune perd ainsi son plus gros contribuable, qui y payait chaque année près d’un million et demi d’impôts. Aucune hausse d’impôts n’est prévue à court terme, mais la commune voit s’amplifier le casse-tête budgétaire.
Hans Liebherr, retiré des affaires, a décidé de s’établir à Monaco
(arch - C. Dutoit)
La commune de Bulle voit partir son citoyen le plus fortuné. Dès le 1er décembre prochain, Hans Liebherr ne comptera plus parmi les habitants du chef-lieu gruérien. L’ancien président et copropriétaire de la multinationale bulloise a décidé de s’établir à Monaco. Confirmant une rumeur qui se faisait chaque semaine plus insistante, le secrétaire d’Hans Liebherr, Philippe Huguenot a transmis à La Gruyère la déclaration par laquelle M. Liebherr explique son choix: «M. Hans Liebherr rappelle qu’en 1999, il a cédé la totalité de ses actions du groupe Liebherr. Cette situation nouvelle l’a amené tout naturellement à modifier fonda-mentalement ses activités. Dans ce cadre, il a choisi de résider à Monaco. Pour éviter tout malentendu, M. H. Liebherr tient à souligner que sa décision est purement personnelle. En particulier, le groupe Liebherr n’est en rien concerné par sa décision.» En juin 1999, Hans Liebherr avait en effet confié à son frère Willi la présidence de Liebherr-International AG, la société faîtière – dont le siège est à Bulle – d’un groupe réunissant plus de soixante sociétés sur les cinq continents. A la fin de la même année, il avait vendu à son frère Willi et à sa sœur Isolde Wagishauser-Liebherr, vice-présidente, sa participation au capital-actions, se retirant ainsi entièrement des affaires. Un capital-actions de 500 millions de francs – ramené en avril dernier à 100 millions – entièrement détenu par la famille Liebherr.
1,5 million d’impôts
Toute privée soit-elle, cette décision de prendre domicile dans la Principauté concerne la communauté bulloise au premier chef: Hans Liebherr est en effet le plus important contribuable du chef-lieu. Plusieurs sources bien informées confirment une contribution annuelle approchant 1,5 million de francs, sur un total de recettes fiscales émanant de personnes physiques qui a atteint en 1999 la somme de 23,3 millions. Tenus par le secret de fonction, le syndic Jean-Paul Glasson et le vice-syndic et patron des Finances Philippe Menoud ne peuvent évoquer le poids fiscal de l’ancien entrepreneur. Le grand argentier bullois concède cependant que «le Conseil communal a dû élaborer son budget 2001 de façon particulièrement attentive». Mais lui et Jean-Paul Glasson relèvent que de multiples facteurs entrent en ligne de compte. «Il serait faux de croire que le départ d’un gros contribuable, fût-il Hans Liebherr, explique à lui seul les difficultés budgétaires de la commune», insiste le syndic, qui réserve des explications plus détaillées pour la conférence de presse de présentation du budget, fixée au 11 décembre. Il assure d’ores et déjà les contribuables bullois qu’il n’est pas prévu à court terme d’augmenter le taux de l’impôt communal. Prudent au moment de commenter le départ de son important citoyen, Jean-Paul Glasson ne s’en étonne pas. «Compte tenu du niveau de l’impôt sur la fortune en Suisse, il est assez compréhensible qu’Hans Liebherr ait décidé de partir à Monaco. Il ne sera du reste pas la première grosse fortune fribourgeoise à y résider.»
Extrême correction
Le syndic préfère en outre considérer que Bulle a bénéficié durant vingt ans de sa présence. «L’implantation d’un groupe industriel qui emploie à Bulle quelque 500 personnes: tel est l’élément, durable et absolument pas menacé, qu’il faut retenir.» Mais la commune ne pouvait-elle pas retenir aussi l’ancien maître de l’empire Liebherr? Jean-Paul Glasson: «Il n’y avait rien que nous devions ou que nous puissions faire. Il faut d’ailleurs relever qu’Hans Liebherr, comme les autres membres de sa famille résidant à Bulle, a toujours été d’une extrême correction. A titre privé, jamais il n’a demandé d’avantages d’aucune sorte en arguant de sa situation.»
Le manège reste à Riaz
Citoyen bullois, Hans Liebherr et aussi contribuable paroissial. Informé par La Gruyère, Gérard Appetito, président de la paroisse catholique de Bulle, «regrette ce départ», dont il ne peut dire la conséquence financière chiffrée. «Nous devrons bien sûr adapter nos budgets en fonction de cette donnée, mais je peux d’emblée affirmer qu’elle n’induira aucune modification du régime fiscal.» Il convient également de préciser que le départ d’Hans Liebherr – qui n’entend d’ailleurs pas se séparer de sa propriété bulloise – n’entraîne pas celui des autres membres de la famille. Outre ses trois enfants, tous adultes, sa sœur Isolde Wagishauser-Liebherr et son frère Markus Liebherr demeurent à Bulle. Actuel président de Liebherr-International, Willi Liebherr réside quant à lui dans le canton d’Argovie, où sont implantées deux sociétés du groupe. Enfin, Hubert Liebherr, cinquième de la fratrie, habite dans le canton de Vaud.
Futur havre pour Calvaro
Au chapitre des conséquences, Philippe Huguenot, secrétaire de Hans Liebherr, tient à préciser que le manège Hans Liebherr (La Baumetta SA) demeurera à Riaz. Hans Liebherr disait donc vrai lorsqu’il confiait à nos confrères du Matin, en septembre lors des jeux Olympiques: «Sa vraie retraite, Calvaro V la passera ensuite chez moi, à Bulle.» On se souvient que le cheval, confié par Hans Liebherr au cavalier Willi Melliger, avait glané une médaille d’argent à Sydney. Le géant gris, l’une des plus célèbres montures de la planète, passera bien ses vieux jours en Gruyère. Ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour: sa carrière sportive est loin d’être terminée.
Un citoyen à part entière
Né voilà cinquante-cinq ans – il a fêté son anniversaire le 31 octobre – à Kirchdorf an der Iller, en Allemagne, Hans Liebherr est établi à Bulle avec son épouse et ses trois enfants depuis 1981. Il fut actif au sein du groupe Liebherr dès 1972. Après le décès en 1993 de son père Hans senior – fondateur de l’entreprise – il dirigea le groupe avec l’un de ses frères et sa sœur. Il est ingénieur diplômé de l’Université de Karlsruhe. Président de Liebherr-International AG durant six ans, il a œuvré avec succès au renforcement de l’œuvre paternelle. Si bien que le holding, qui appartient exclusivement à la famille Liebherr, est aujourd’hui implanté sur les cinq continents et dégage un chiffre d’affaires annuel de plus de cinq milliards de francs. De nature discrète, Hans Liebherr était cependant bien intégré à la population bulloise, notamment par le biais de sa passion pour les chevaux, qu’il partage avec ses deux filles, cavalières de niveau international. Marquant son attachement à la Suisse et à la Gruyère en particulier, cet homme épris de nature avait demandé sa naturalisation il y a trois ans. Le législatif bullois lui avait octroyé le droit de cité en octobre 1997.
Source :
www.lagruyere.ch
(édition du 23/11/2000)