Molsheim / Contournement / Ouverture partielle samedi Un nouveau rempart La première tranche du contournement de Molsheim ouvrira samedi. Elle dessert la zone industrielle. Il faudra attendre la mi-2008 pour éviter totalement Molsheim. En attendant, cette voie va structurer pour longtemps le développement de la cité Bugatti. A la façon d'un rempart. « Le contournement est une limite physique au développement de l'agglomération. Ça indique le périmètre dans lequel Molsheim peut continuer à évoluer », lance, l'oeil sur le plan, Laurent Furst. Aux yeux du maire de Molsheim, le contournement apparaît comme un rempart à l'étalement urbain qui menace la grande banlieue strasbourgeoise. L'un des remparts, pas le seul. La ville est également contrainte dans son développement par des zones inondables (*) et le vignoble. « C'est pourquoi Molsheim ne devrait pas dépasser les 11 à 12 000 habitants » explique-t-il. En outre, « il faut maintenir des coupures vertes (espaces naturels et agricoles) entre les communes. Le territoire ne gagnera rien à faire la course à la population. Ce qui est important, c'est la qualité de vie avec des espaces verts dans les communes ». « Engager le vaste chantier de la gare » Pas question de devenir le champion du lotissement, d'ailleurs la ville n'a plus l'espace disponible pour de grands projets d'habitat. « A Molsheim, comme à Mutzig, on fait du complément en matière d'habitat, on est dans les reconversions de sites ou des finitions d'opérations urbaines entamées voici une génération. En la matière, on est plus dans une logique de développement de la vallée de la Bruche ». A Molsheim, le quartier des Prés et celui du Zich sont l'illustration de ces « finitions d'opérations ». Ce sont eux qui accueilleront dans les années à venir les nouveaux logements dont la ville aura besoin pour accompagner son développement économique. « Nous avons voulu terminer le contournement avant d'engager ces opérations d'habitat car il faut que les gens voient le contournement avant de décider de s'installer là », explique Laurent Furst. L'achèvement du contournement, en soulageant le centre-ville de ses camions (dès que les GPS auront trouvé le chemin), va « permettre d'engager le vaste chantier du quartier de la gare et celui de la liaison inter-quartiers », poursuit le maire. Cette liaison consiste en la création d'une voie reliant le quartier des Prés au centre-ville. En cela, ces chantiers seront peut-être politiquement plus difficiles à gérer, « on va travailler en milieu urbain là où les gens habitent, c'est plus délicat », convient le maire. Mais, résume-t-il « le contournement et l'élaboration du plan local d'urbanisme ont marqué la première phase d'action dans la ville, en posant un cadre; la seconde consistera à assurer une cohérence d'ensemble à la ville, à l'intérieur de ce cadre ». Sur un plan économique, le contournement apparaît comme une condition sine qua non à tout développement. « Il était impossible de créer la zone Ecospace sans le contournement, or le développement économique doit rester une priorité », martèle Laurent Furst. L'économie molshémienne est encore très marquée par l'industrie et une diversification incluant plus de tertiaire est sans doute l'un des gages de la prospérité de demain et du maintien d'un faible taux de chômage. Une réponse partielle aux enjeux du territoire Si l'on prend un peu de hauteur, le contournement de Molsheim apparaît toutefois comme une réponse très partielle à un flux de circulation créé sur l'axe Colmar- Saverne- Paris. Le contournement ne règle par exemple en rien la question de la traversée des communes voisines comme Avolsheim et Soultz-les-Bains. Et à cet égard, les hommes politiques locaux ont durant plusieurs décennies tergiversé sans pouvoir s'accorder sur un projet plus ambitieux, contraignant au final Molsheim à agir sur son seul ban communal. Les opposants au Grand Contournement Ouest de Strasbourg font, eux, remarquer que l'axe qui soulagerait réellement la capitale alsacienne d'une partie de son trafic serait une liaison Sélestat- Molsheim- Saverne- Paris. Elle ne verra pas le jour. A sa place, la RD 422, chapelet de ronds-points, apparaît aux yeux de certains comme une réponse partielle aux enjeux du territoire. Mais une réponse tout de même. Pour le reste, des occasions de faire mieux ont sans doute été manquées. Mais on ne refait pas l'histoire. Hervé Miclo
Molsheim / Ouverture partielle du contournement Un bon bout de chemin Seules les Bugatti pouvaient ouvrir la voie. (Photo DNA-Gérard Andlauer) Le premier tronçon du contournement de Molsheim a été inauguré hier. Il dessert la zone industrielle depuis la Colonne de Dorlisheim en attendant l'ouverture complète au milieu de 2008. C'est le fruit d'années d'efforts. Le 22 novembre 1996, le conseil municipal de Molsheim, réuni en séance extraordinaire, arrêtait le tracé du contournement de la ville, après des années de débats. Onze ans et un mois plus tard, les première voitures ont roulé dessus. C'était hier et c'était évidemment... des Bugatti. « A une époque où nous étions, à Molsheim, de jeunes élus un peu perdus » La première de ces belles à fouler le bitume du contournement, à Dorlisheim, sur des terres ayant appartenu autrefois à Ettore Bugatti, fut une Type 57 Atalante de 1939. D'autres ont suivi dans la blancheur virginale, sorties de leurs cocons hivernaux par les Enthousiastes. Autour de ces élégantes, une foules de dames et messieurs, non moins élégants, quoiqu'engoncés dans des manteaux, mais ravis de vivre ces heures importantes pour Molsheim. Autour de Laurent Furst, Gilbert Roth, Philippe Richert, Adrien Zeller, Alain Ferry et le sous-préfet Xavier Pelletier, une foule d'élus, de représentant des administrations, de techniciens avait tenu à partager ces instants. Quelques tours de roues plus loin, tout ce petit monde se retrouvait au Stadium de foot, pour la partie protocolaire. Et pendant que résonnaient les premiers discours, à midi tapante, les gendarmes ouvraient la route aux automobilistes. « C'est un moment rare...le fruit d'un travail continu durant plus d'une décennie » a lancé Laurent Furst, en remerciant un à un tous ceux qui ont contribué à cette réussite au premier rang desquels Philippe Richert pour l'aide apportée « dès le départ à une époque où nous étions, à Molsheim, de jeunes élus un peu perdus ». Le maire de Molsheim a également rappelé l'effort de la Région « qui n'était pas obligée d'être à nos côtés ». Le contournement (d'un coût de 29,7 millions d'euros) a été financé à 75 % par le conseil général 67, 15 % par la Région et 10 % par Molsheim. Laurent Furst a également rendu un hommage appuyés aux services du conseil général concernés dirigés par Emmanuel Rouedde. Le premier magistrat de Molsheim a également rappelé la logique environnementale « gagnant-gagnant » qui a prévalu dans ce dossier, soulignant les efforts entrepris pour protéger les plantes rares ou le crapaud vert. A cet égard Philippe Richert a, lui, rappelé comment il avait fallu convaincre les services ministériels du bien fondé de la démarche entreprise ici avec le concours des associations environnementalistes (le CSA ou Bufo), des élus, des agriculteurs. Et cette démarche prouve à ses yeux que le développement durable n'est « pas qu'un slogan », qu'il est possible de « développer notre territoire en protégeant ses richesses environnementales ». Un sentiment partagé par le sous-préfet Xavier Pelletier. le représentant de l'Etat a rappelé à cet effet comment le Conservatoire des sites alsacien, partenaire de l'opération, l'avait qualifiée de « projet exemplaire ». Maintenir un équilibre « entre route et transports en commun » Adrien Zeller, a également souligné la capacité qui avait celle des promoteurs de ce projet de « dépasser les contradictions » pour mener à bien ce projet dont il a rappelé « l'intérêt régional » étant situé sur l'axe Sélestat-Saverne. Alain Ferry soulignait lui en quoi ce contournement s'intégrait , comme celui de Schirmeck, inauguré en janvier dernier, dans une problématique de déplacement des hommes qui devait maintenir un équilibre « entre route et transports en commun ». Et de rappeler l'augmentation prévue du nombre de trains entre Molsheim et Strasbourg ainsi que dans la haute vallée de la Bruche. En attendant, le chantier du contournement va se poursuivre jusqu'à mai ou juin pour une ouverture complète prévue pour l'été. Il prendra alors toute sa dimension. Pour l'heure il va permettre aux automobilistes et chauffeurs de camions d'accéder aux zones industrielles de Molsheim en délestant l'axe principal. Dans une ville qui compte 8000 salariés ce n'est pas le moindre des intérêts.